15 juin 2015

Un peu d’autopromotion :

Pour rire et sourire : Mines de rien. Chroniques insolentes, d’Isabelle Boisclair, Lucie Joubert et Lori Saint-Martin, Éditions du remue-ménage, 2015.

« Mines de rien, ce sont trois féministes qui mettent en commun leurs plumes grinçantes pour dépeindre nos travers avec des lunettes pas vraiment roses. Du marketing aux toilettes publiques, en passant par les medias sociaux, la culture du viol, l’instinct maternel ou la masturbation, leurs chroniques s’indignent de l’ordinaire sexiste, et prouvent qu’il est aussi arbitraire qu’anachronique. Mieux vaut, paraît-il, en rire » (4ème de couverture)

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04 juin 2015

Pour les chercheuses et les chercheurs, mais pas seulement :

Martine Motard-Noar, « Femmes, humour et voix narratrice dans les romans graphiques de Marjane Satrapi », Women in French Studies, The Twenty-second Annual Collection of Esssays, Presented by Women in French, 2014, p.32-43.

Si Marjane Satrapi a inscrit ses propres ambivalences dans ses romans graphiques, Persepolis, Broderies et Poulet aux prunes, elle s’est aussi assurée de dégonfler tout réductionnisme facile, en particulier grâce à l’humour. Ce dernier présente des femmes et la voix auctoriale non seulement dans le dialogue et la langue utilisés mais aussi dans le graphisme, révélant un investissement émotionnel certain, en particulier vis-à-vis du corps. Cet humour à la Satrapi refuse toutes formes de normalisation et toutes certitudes dans un jeu de dissonances où la vérité est toujours ailleurs […]. (p. 3)

Sur Persepolis, voir :
https://www.google.ca/search?client=safari&rls=en&q=persepolis&ie=UTF-8&oe=UTF-8&gfe_rd=cr&ei=nltmVcDLLKqC8QeD-4DQCA

03 juin 2015

À propos de l’humoriste Nicole Ferroni :

Sarah Gandillot, « Nicole Ferroni : clown de combat », Causette, #53, février 2015, p. 44-47.

« Je pars faire mes chroniques comme je pars au combat. Je veux que mon interlocuteur m’écoute attentivement. Je veux croire que ça lui donne envie de changer les choses. Même si c’est François Hollande. J’ai sans doute trop d’attentes ».

2 mai 2015

Claudine Sagaert, sur la représentation systématique des féministes en femmes laides, dans la caricature française :

«  Si, durant des siècles, les femmes intellectuelles et féministes ont été dépeintes laides, c’est par la caricature mieux que par tout autre média que s’est inscrit dans les consciences que « le féminisme conduit droit à la laideur et à la vulgarité de femmes ayant perdu toute séduction, toute grâce en se comportant comme des hommes, en singeant les hommes qu’elles ne sont jamais mais qu’au fond elles voudraient être (1) ». En renforçant un petit nombre de stéréotypes infâmants facilement lisibles et mémorisables, les caricaturistes ont contribué à vulgariser la laideur physique et morale de l’intellectuelle et de la femme engagée politiquement en faisant d’elle une pédante et une barbare incapable de féconder le monde ».
(1) Éric Macé, « Le piège de la cause des femmes. Éléments pour un mouvement antisexiste postféministe », Cosmopolitique, no 4, 18 juin 2003. [en ligne]

« De la guerre des sexes à la guerre du « genre » dans la caricature : la fabrication de la laideur féminine », Ridiculosa, #21, 2014,
p. 71.

4 avril 2015

La Clef recommande la lecture du dernier numéro de la revue Ridiculosa (#21/2014) qui porte sur « La guerre des sexes » dans la caricature, avec des textes réunis par Stéphanie Danaux, Alain Deligne et Aline dell’Orto. Ce numéro met en relief, surtout dans les textes signés par Claudine Sagaert, Aline dell’Ort Carvalho et Ursula E. Koch, l’omniprésente misogynie galvaudée par les caricaturistes masculins et l’absence (toujours l’absence !) de riposte féminine.

Extrait de la présentation :
« Nous avons réuni pour ce numéro des contributions analysant, loin des polémiques, cette guerre des sexes et/ou du genre dans des caricatures tant actuelles que plus anciennes, les conflits et la discrimination ne datant pas d’aujourd’hui. Il nous intéressait en effet de savoir quel(s) regard(s) les caricaturistes ont porté(s) au cours des derniers siècles sur ces rivalités, au sein ou à l’extérieur du couple. Quels sont par ailleurs les motifs qu’ils ont exploités, les procédés graphiques qu’ils ont privilégiés ou les techniques de déconstruction de l’adversaire auxquels ils ont eu recours ? Ou encore, quels sont les enjeux identitaires, sociaux, politiques, religieux, économiques, familiaux soulevés par ces œuvres ? Comment, par exemple, la caricature peut-elle thématiser l’émancipation féminine et qu’ajoute le rire aux autres moyens d’émancipation (notamment homosexuelle ou encore trans-sexuelle) ? Et peut-être, cette dernière prudente interrogation : une dénonciation est-elle suffisante pour faire naître la nouvelle réalité souhaitée ? »

05 février 2015

« Pour donner toute sa dimension à l’importance pour une femme d’être « bon public » pour un auditoire masculin, nous devons insister sur le rôle de l’humour dans la société anglo-saxonne en général et en Amérique du Nord en particulier. Ne pas avoir le sens de l’humour y est une véritable tare, signe d’un manque de savoir-vivre, voire d’intelligence. En Angleterre déjà en 1695 William Congreve reproche aux femmes de ne pas avoir le sens de l’humour et depuis le XIXe siècle aux Etats-Unis cette accusation est devenue un véritable leitmotiv. Le blâme concernait surtout les femmes-auteurs, nombreuses à cette époque. La riposte fut une publication d’une anthologie de l’humour féminin par Kate Sanborn ( The Wit of Women, 1885). Une deuxième anthologie a vu le jour en 1934 (Martha Bruère and Mary Beard, Laughing Their Way: Women’s Humor in America) et depuis le renouveau du mouvement féministe des années 70, il en eut plusieurs. Ces recueils sont censés démentir le manque de créativité des femmes dans la production de l’humour. Pour ce qui est de la réception et de l’appréciation de l’humour dans la vie quotidienne, c’est un problème dont le contenu idéologique revêt pour les féministes, depuis les années 70 jusqu’à nos jours, une importance capitale. De très nombreux articles et études traitent de la question et dénoncent avec véhémence le mâle américain qui s’attend à ce que les femmes rient complaisamment de leur plaisanterie ».

Judith Stora-Sandor, « Humour féminin : brouillage de stéréotype », Les femmes et le rire, textes réunis par Claude Cohen-Safir, revue Résonances, no 6, novembre 2000, p. 20.